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dimanche 16 février 2014

Le choix

Parmi les blogs que je lis régulièrement il y a "Frugal queen".

La vie est parfois surprenante. Alors que je me confronte depuis quelques mois à quelques vieux démons (la douleur, la fatigue, le spectre du burn out...) , son dernier post m'a remis quelque peu les pendules à l'heure.

"Hapiness is a conscious choice. Not an automatic response"

"Le bonheur est un choix conscient, pas une réponse automatique".

C'est entièrement vrai.
Si je dois faire dépendre mon bonheur de conditions préalables jamais je ne serai heureuse.

Mais c'est aussi un peu effrayant.

Il es tellement plus facile de se poser en victime et de se dire qu'un jour on pourra être heureux..
le jour où on sera riche..
 le jour où on aura trouvé l'âme sœur...
 le jour où on aura une silhouette de rêve..
le jour où on aura du temps pour soi...
le jour où on sera en parfaite santé...

 et la liste est infinie.

A force d'attendre "Le jour où.." on finit par passer sa vie entière frustré, insatisfait, et malheureux.

Le post de Frugal Queen ne m'a rien appris que je ne savais déjà, mais parfois une piqûre de rappel est salutaire.

Je n'ai plus qu'à me retrousser les manches et réactiver mes stratégies d'adaptation vis à vis de ma douleur..
Je n'ai plus qu'à reconnaître et respecter mes limites dans le cadre de mon travail...

.. et m'accorder du temps pour me reposer en revoyant mes objectifs et en allégeant tout ce qui peut l'être.

Sur ce , je retourne à mon tricot!
A bientôt!

I follow a few blogs, and the last post of "Frugal Queen" helped me a lot this week.

 For a while I struggle against my chronic pain, I also have to deal with burn out and exhaustion. 
The last post of Frugal queen reminds me that I am the only one to decide to be happy, and that my happinesse doesn't depend on anything but me.

I already knew that.
 But recently I guess that I was on the way of self pity and victimization.

I just have to put the limits in my job and stick on it
I just have to review my priorities and give me enough time to restore my energy;
I just have to reactivate my coping strategies concerning the pain...

See you soon!










samedi 2 avril 2011

Petite leçon de douleur / Lessons in pain

Elle a fait une entrée fracassante dans ma vie, par un bel après midi d'été, il y a deux ans.
Je la croyais hôte de passage...
Elle ne l'entend pas de cette façon.

Parfois sourde, à peine discernable, au point que je pourrais m'en croire enfin débarrassée.
Parfois, comme cette semaine, envahissante. Agressive. Usante.

Les philosophes grecs disaient que la souffrance et la douleur peuvent être source d'apprentissage.

Il m'a fallu du temps. Il m'a fallu de la patience.
Il m'a fallu aussi me replonger dans ce qu'autrefois j'avais compris d'un point de vue purement intellectuel, et qui désormais est une réalité quotidienne : Algodicée

"Derrière ce mot pompeux se cache un véritable défi pour l’individu. Algodicée signifie la connaissance à travers la souffrance, la connaissance par la souffrance. Elle exige de l’homme de tirer profit de tout, même de la douleur, même des tourments. Tâche difficile, redoutable, on ne peut cependant pas faire l’impasse de la question. Tôt ou tard elle arrive, s’impose. Notre rapport au monde se bâtit avec elle, contre elle. Compagne ou adversaire, elle est présente..." (Alexandre Jollien).

Que m'a appris ma douleur?

Que cette experience n'appartient qu'à moi. Si je devais vous la décrire, j'emploierai des images de glace et d'eclairs, de fulgurances dans un bloc de marbre froid.. Mais aucun autre que moi ne peut la vivre, la ressentir, l'approcher.

Qu'elle fait partie de moi, de ma vie, que je le veuille ou non. Et qu'il est vain de la traiter par le mépris, de la négliger, de vouloir la combattre. Telle une amante éconduite et jalouse, elle se venge alors en coupant tout élan, en envahissant toute ma conscience, jusqu'à ce qu'enfin, je l'écoute.
J'ai donc appris à l'accueillir, à composer avec elle, à ne pas passer outre quand elle se manifeste.

Elle me confronte à mes limites... moi qui pensais que ma volonté n'en avait pas!

Elle m'apprend l'impermanence, l''adaptation, la flexibilité, la créativité... Tout ce qu'il faut déployer de ruses et de chemins de traverses pour continuer à avancer, avec ou malgré elle, et faire ce que je veux ou dois faire.

Elle m'a appris l'indulgence. Enfin je m'autorise à être moins... moins souriante, moins performante, moins active, moins perfectionniste..
Enfin -et peut être est ce là le plus difficile- je m'autorise la possibilité de demander de l'aide... et de l'accepter.

Elle m'a appris la fragilité et le doute.

Et finalement, j'ai appris qu'en intégrant ses limites et ses contraintes, j'arrivais à m'en libérer.

J'ai appris que j'avais gagné: elle est incapable de me détruire ou de m'abattre.

«Rien n’est grave, puisque tout est grave.»
Alexandre Jollien - Extrait de "Le Métier d’homme "
A bientôt

She careened brutally into my life on a fine summer afternoon, two years ago.
I thought of her as a short time guest, just passing through...
She doesn't see it like that.


Sometimes muffled, nigh imperceptible, to the point where I can almostthink she's finally gone.

Sometimes, like this week, invasive. Aggressive. Grinding.

Some Greek philosophers used to say that suffering and pain can be sources of knowledge, can teach us things.
For me, it took time. It took some patience.

It also took a return to a notion I used to understand on an intellectual level, and which is now for me a lived reality, an every day fact: Algodicea
"Behind this pompous word hides a true challenge for any individual.
Algodicea means knowledge through pain, knowledge from pain. It challenges a person to extract some benefic from everything, including pain and suffering.
An arduous task, frightening, but a problem that cannot be neglected .Sooner or later pain arises, asserts itself, and our rapport with the world is elaborated with her, against her.
Companion or opponent, pain is present..." (Alexandre Jollien,
translated from French)


What did my pain teach me?

That it is an experience which is uniquely mine, no one else's. If I
had to describe my pain I would use metaphors, images of ice and
lightning, sudden searing blasts in a cold slab of marble. And no one
else but me can live it, feel it, approach it.


That she - the pain - is a part of me, of my life, whether I want it
or not. That it is futile to try and treat her with contempt, neglect
her, to try and fight her. Like a jealous, spurned lover, she will
then avenge herself by throttling all my energy, by invading my
consciousness until finally I deign to listen to her.

So I have learned to welcome her, to take her into account, to never
push too far when she makes herself known.


She confronts me with my limitations... Me, who used to think my will
was boundless!


She teaches me impermanence, adaptation, flexibility, creativity...
All the tricks I have to deploy, all the oblique meandering paths I
have to follow if I want to be able to continue onwards, forwards,
with her, despite her, to do what I want to do, do what I have to do.


She taught me to be lenient. Finally I can allow myself to be less..
less active, less of a perfectionnist.. to perform less, to smile less


Finally - and this might be the hardest thing - I allow myself the
right to ask for help... and to accept it.


She taught me fragility, and doubt.

Ultimately, I learned that if once took into acount the limits, the
constraints she imposes on me, I could also break free of them.


I learned that I have already won: she cannot bring me down, and
cannot destroy me.


"Nothing is serious, since everything is".
Alexandre Jollien in 'Le Métier d'homme'.


See you soon!

I'd like to thank JUDITH STRAUSER for the english translation of those words.
A precious friend and a precious help, day after day...
(Un grand merci à Judith pour la traduction de ce post, qui était bien au dessus de mes compétences en anglais. Une aide et une amie précieuse, jour après jour...)